Même revenu depuis 2 jours d’ ADDIS ABEBA, on ne peut oublier la ville de collines, vibrante de monde et de pollution, ponctuée d’arbres géants, de foules grises ou multicolores,  de tons de terre et de verdure dense, avec pour seuls vestiges anciens des cathédrales-églises romanes dures et cubiques, vaguement istambouliotes,  gardées et fermées par les austères prêtres orthodoxes.
On voit encore les rangées de pauvres, errants,  fantomatiques , mais aussi les devantures débordantes et colorées, boutiques partout, présentoirs et mannequins en plastique au milieu des rues,  comme transformés en statues de sel …
L’abondance , les couleurs pop ou la rouille qui éteint tout, la tôle ondulée omniprésente, les cascades de plantes , et des immeubles rétros ou soviétiques sur les avenues géantes de plusieurs kilomètres.
Les filles aux yeux charbonneux, aux tenues superposées : Inde + Afrique+ Tati+ Disco paillette..
Le ciel blanc d’Addis, le froid, les rues en côtes raides ou en chute libre vers des bouquets de jungles , des escaliers raides, des dalles en pierres  moyen-âgeuses  ou de la terre battue… Des trous- nids de poules trottoirs défoncés , mobilier urbain disparate, explosé, fantaisie, rétro …
Des détails 1940, 50 60 partout.
Des maisons puzzles  faites avec des pare-brises de voiture, des grilles, des cageots, parpaings, fenêtres dépareillées, et la tôle patchée de carreaux, tuiles, pierres, grillages, palettes, calendriers, posters en plastique géants,  barres et fils électriques en grappes, arrivées d’eau en bouquets , et partout des tentes de camps mongols en  forme de casque à pointe …
Personne ne sort indemne de la ville “ nouvelle fleur”, hasardeuse, accidentée et champignon, comme une ville de pionniers frappée par la fin d’un monde .
De l’ancienne Abyssinie aux peintures romanes omniprésentes, aux marchés chinois d’aujourd’hui , la cité est passé par la monarchie rétro de pacotille de la fin du 19eme, puis l’italianisme mussolinien de 35 à 45 , puis  aux années 60 et  70 Pop et Folk,  et  subi 15 ans de stalinisme à angle droit de 74 à  91..
Reste une pieuvre géante, posée sur des sources chaudes, les tentacules de verdure sauvage au creux de collines pointues , génératrice de mythes tenaces sur les ruines d’un empire .

JR


Troisième volet de la trilogie Addis : après le surréalisme addisien, voici venir « Abeba Dada » avec en ouverture un bus transformé en bar avec escalier extérieur et balcon (voir photo bleu blanc rouge avec Menelik notre chauffeur et sa voiture éthio-customisée…) On commence à avoir tout vu, tout bu, tout lu:  de la bière Saint...
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