Vous savez ce qui est énervant avec cette photo ? C’est qu’on ne se rend pas compte à quel point le ciel est bleu, la mer transparente et les rochers turgescents.

 

Je suis donc oui bien arrivée à Fernando de Noronha, cette île dont la prononciation m’échappe apparemment encore un peu.

 

Presque plus

Fernando vu du tit avion

ça c’est quand je suis arrivée sur ce petit lopin de terre à 600 km de Recife, l’île parfaite du naufragé.

Marcello, un financier-économiste-libéral mais humaniste-j-ai-pas-tout-compris de Rio, m’en a parlé comme le « hawaï du Brésil » … mm … je suis pas sûre. Mon tit bout de terre fait quand même 26 km² pour 2800 habitants, pas vraiment de quoi jouer le mini-moi de Adrien Gingold.

Fernando n’est pas Honolulu, d’ailleurs je ne crois pas qu’il y ait d’autres Honolulus qu’Honolulu (l’effet « plus je répète un truc plus il veut rien dire » marche hyper vite avec Honolulu). L’île ne tient d’ailleurs pas à lui ressembler : ici on ne peut pas acheter ou vendre un terrain, c’est l’administration qui décide de vous en donner un, et de le reprendre si elle le souhaite.

Oh,  Je vous voir venir de loin avec vos questions sur l’héritage : il semblerait que le problème ne se soit pas encore réellement posé. Dans les faits purs et simples on ne peut pas hériter … mais la première génération des gens qui vivent sur l’île est plus ou moins encore vivante, le problème n’attend que leur mort pour connaître son sort.

 

L’idée c’est que cette réserve naturelle ne doit pas être plus peuplée qu’elle ne l’est déjà. C’est d’ailleurs pour ça qu’on ne trouve pas de maternité sur l’île, les femmes enceintes accouchent à Recife ou à Natal (où elles font aussi régulièrement leur course, prenant l’avion comme toi tu prends le bus), de sorte que les enfants ne sont pas des noronhiens. C’est un peu la Chine, Si on remplace l’expression « enfant mort » par « enfant né à Natal ».

 

Ces informations m’ont été offertes par Daniel, dont je squatte la -très belle- maison familiale. J’en profite pour les remercier. Plus tard, quand je lui ai demandé ce qu’il y avait de dangereux sur l’île (pour y courir à pied joint), il m’a juste dit : « les gens »

 

Ils ne volent pas et ne tuent pas …  saisissant l’occasion de faire mentir leur hérédité : l’île était une prison et la plupart des habitants descendent soit des prisonniers, soit du personnel pénitencier- la preuve, les portes sont ouvertes au vent et aux moustiques et les clés de voitures pendent à leur trous … reste qu’effectivement le plus gros danger pour ce parc naturel perdu dans l’Atlantique et dont l’herbe est si verte qu’elle en est doré (je cite Blaise Cendrars lui-même) c’est bien l’homme.

 

Tout ça me donne envie de dormir pour ne pas déranger dame Nature.