Ni vivants, ni morts : en suspension. L’émission terminée, diffusée, digérée, radio-transmise, ma chambre d’hôtel a des airs de purgatoire confortable, le temps n’a plus prise, je m’assoupis sur le lit, la moquette, dans la baignoire, il est perpétuellement onze heures, midi, puis de nouveau onze heures, mes idées défilent, sans bouger je parcours des kilomètres, tous ces sons, ces gens, ces histoires, tout cela m’enivre, j’emprunte un escalator, long, très long, qui m’emporte plus haut que le mont Pico (2351 mètres), les nuages s’écartent, Henry Chapier me propose une grappa, Reza Pounewatchy me tend sa chicha, Marie Misset est venue avec ses palmes et son tuba, Marie Arquié ne quitte plus ses moufles, Isadora Dartial range ses platines, Ruddy Aboab déballe sa collec’ de masques de lucha libre. Branché dans un coin, un beau juke-box permet d’entendre David Blot dans un train à Reno (Nevada), là où Johnny Cash tua quelqu’un juste pour le voir mourir

JFB est au bar, derrière le comptoir. Il se marre. Les autres ne devraient plus tarder, un par un, on les accueillera, on se félicitera, en commentant les idées, les invités, les jeux de mots, les difficultés, les coups de génie, les fulgurances. Cette farandole d’accents. Entre deux mojitos, on essaiera de tirer des conclusions sur la marche du monde, la façon dont elle tourne cette vieille planète, et puis à un moment je proposerai qu’on aille à la piscine, le long de la côte, à Horta, plonger dans ces bassins naturels aménagés pour les familles à même la roche volcanique. Jean Rouzaud dira que son pantalon éthiopien supporte mal le contact de l’eau, Mélanie Mallet répondra qu’elle peut lui prêter son bikini. Ni vivants, ni morts : en suspension, pendant trente heures, élévation géographique dont on reparlera trente ans durant. Merci, Nova.

Je peux pas (rentrer à Paris), j'ai piscine.

« Neptuno na Horta » © José Henrique Azevedos.   Demain, ou devrais-je dire aujourd’hui puisque nous sommes déjà, enfin, ça y est, au secours, le 11/11/11, vous saurez tout sur l’histoire de cette photographie, prise un jour de 1986 lors de la pire tempête ayant jamais frappé les Açores, et qui passe pour être la plus...
NovAçores, teaser
Dans ma chambrette battue par les vents, alors qu’il pleut des cordes sur Potager (traduction vraisemblable du nom de l’île) et que la nuit de mon trentième anniversaire tourne à l’orage, je m’apprête à découvrir, enfin, Pump Up The Volume [Allan Moyle, 1990], teen-comédie dans laquelle Christian Slater interprète « le disc-jockey subversif d’une radio pirate »,...
Pump Up Radio Horta
Sérieusement, ces récits de voyage ne vaudraient pas tripette si, au cours de nos tribulations, nous n’étions pas amenés à rencontrer d’authentiques timbrés, comme ce trentenaire en short aux yeux clairs hallucinés, chaussures fatiguées, peau brûlée par excès de bronzage, marchant d’un pas pressé, un sac défoncé sur le dos, avec ce que je suppose être...
Le Frelon Noir
« Il est celui qui décide si votre avion doit s’écraser – ou pas. » Bientôt dix-huit heures, la lune glousse en cachette et le soleil commence à descendre sur la plage de Porto Pim. Entre les deux, mon regard s’arrête, interloqué : posé sur un bouclier de verre au sommet d’un mont vert, un nain blanc,...
Nabot culte
  A la demande télépathique de notre tour de contrôle Jean Morel, voici exactement l’endroit mousseux où je me trouvais lors de mon duplex cha-cha-cha avec Karl Zéro et Daisy d’Errata. En prenant soin d’éviter les vaches, les chèvres et les quelques rochers qui parsèment la route intérieure, on accède en vingt-cinq minutes automobiles depuis...
Ça pousse et ça mousse
Equivalent écolo du pompier-pyromane, j’ai découvert, non sans violence, le cas clinique du botaniste-sarcleur. Sans m’avoir consulté au préalable, l’office du tourisme m’a programmé une visite au jardin botanique de Faial, fondé en 1976 et classé parmi les meilleurs d’Europe. Ayant sottement peu d’attrait pour le monde végétal, je m’apprêtais en début de séance  à...
Nounou, l’arracheur fou
C’est en regardant le phare (lighthouse) que j’ai saisi la portée de ma présence aux Açores : je ne suis pas là seulement en tant que journaliste préparant une émission de radio, mais aussi en tant que personnage d’un nouvel épisode de Lost, tentant, comme vingt-neuf autres passagers d’un vol international, de redresser la ligne...
I’m (in) Lost
A l’atterrissage, le pilote du vol Lisbonne-Horta a été applaudi par environ 17% des passagers. Pas facile c’est vrai : gros temps sur l’archipel. Les pieds sur le tarmac, difficile de distinguer les îles alentour, brouillard épais, pas de pluie mais zéro soleil, la lumière ne filtre pas. J’ai gagné quelques degrés, toutefois le vent souffle...
Un seul garçon dans le vent
H-13 avant décollage. Sortant d’un pas pressé de mon salon de coiffure habituel (les plus grands explorateurs vous le diront : pris dans un ventilateur ou collés à une moustiquaire, les cheveux longs ralentissent l’aventure), j’ai soudain ralenti ma course en passant devant la vitrine d’un magasin de valises, réalisant que je n’avais pas, chez...
Maux-Valise
Ca y est, je panique. Mon destin est scellé. Poursuivant ma documentation sur les Açores, je découvre avec effroi que c’est précisément là, et pas ailleurs, que le boxeur Marcel Cerdan, champion du monde des poids moyens en 1948, est passé de vie à trépas, l’année suivante, dans une accident d’avion qui ne fit aucun...
J'ai peur de finir comme Marcel Cerdan
Presque toujours, le cachalot solitaire se trouve être comme le vénérable Daniel Boone à la barbe moussue, sans personne auprès de lui, que la nature qu’il prend pour épouse dans le désert des eaux ; et elle lui est la meilleure des femmes, bien qu’elle garde pour elle tant de sombres secrets. => Herman Melville, Moby...
Se marrer comme des baleines
banner